
Je me souviens très bien de ce mardi matin, il y a quelques années. On était en pleine semaine de lancement pour un nouveau produit. L’adrénaline était là, le café aussi. Et puis, le mail tombe à 8h45 : mon lead developer est en arrêt pour deux semaines.
Le vide intersidéral.
Si vous gérez une petite équipe ou un business en ligne, vous connaissez cette sensation. Ce n’est pas juste une chaise vide, c’est un rouage essentiel qui disparaît. La première réaction ? La panique. La seconde ? Une question logistique brutale : dois-je le remplacer immédiatement ou est-ce qu’on peut encaisser le choc en interne ?
On en parle souvent entre entrepreneurs, mais rarement avec la casquette « réalité du terrain ». Alors, posons les choses à plat.
Remplacer ou temporiser : Le dilemme du manager
Soyons honnêtes : recruter dans l’urgence, c’est l’enfer.
Intégrer quelqu’un, lui donner les accès, lui expliquer les process… Pour un arrêt court (moins de 15 jours), le temps de formation dépasse souvent le temps de production effectif. C’est contre-productif.
Par contre, si l’absence s’éternise, ne pas remplacer devient un danger pour le reste de l’équipe. J’ai appris à mes dépens que demander aux autres de « compenser » crée une dette de fatigue qu’on paie très cher quelques mois plus tard (bonjour le burnout en cascade).
La règle que je m’applique désormais :
- Moins de 2 semaines : On réorganise les priorités. On coupe tout ce qui n’est pas vital. On temporise.
- Plus de 2 semaines : On envisage sérieusement un renfort (freelance ou CDD de remplacement).
Oui, vous pouvez (et parfois devez) agir
C’est un sujet un peu tabou, mais il faut en parler. L’absentéisme pèse lourd, surtout dans nos métiers du numérique où la réactivité est clé.
Il y a deux aspects à gérer : la production et la légitimité de l’absence.
Sur le plan légal, vous avez tout à fait le droit d’embaucher un CDD pour remplacer un salarié absent (quel que soit le motif, sauf grève). C’est un outil flexible qui permet de maintenir l’activité.
Mais il y a aussi l’autre volet, celui de la confiance. Parfois, l’absence survient dans un climat tendu, ou se répète de manière étrange (les fameux arrêts du vendredi ou des ponts de mai). Si vous avez un doute sérieux et que vous versez un complément de salaire, sachez que vous n’êtes pas impuissant. Vous pouvez tout à fait demander un contrôle des arrêts maladie.
Ce n’est pas être un « flic », c’est être un gestionnaire responsable. Cela permet parfois de débloquer des situations d’abus qui minent le moral de ceux qui sont restés au bureau pour tenir la barre.
L’importance cruciale de la documentation
C’est là que je veux en venir pour vous, créateurs de business en ligne.
Si le départ d’une seule personne met votre entreprise à l’arrêt, ce n’est pas (seulement) la faute de l’arrêt maladie. C’est un problème de structure.
J’ai compris trop tard que la connaissance ne devait jamais rester dans la tête d’une seule personne. Depuis cet incident, j’ai mis en place une culture de la documentation radicale (sur Notion, par exemple). Processus, mots de passe, tutoriels vidéo…
Si demain je suis absente, ou si mon bras droit l’est, la machine continue de tourner. C’est ça, la vraie résilience d’un business.
Et maintenant ?
L’imprévu fait partie du jeu. On ne peut pas empêcher les maladies ou les accidents de la vie. Par contre, on peut choisir de ne plus les subir totalement.
Prenez cinq minutes aujourd’hui pour vous demander : « Si X n’est pas là demain matin pour 3 semaines, qu’est-ce qui plante immédiatement ? »
La réponse vous donnera votre priorité de la semaine.





